Le mot photoréaliste a servi à décrire à peu près chaque génération de jeux de course, du premier Gran Turismo sur PS1 jusqu'aux productions actuelles. À chaque nouvelle vague de cartes graphiques, le saut visuel se fait pourtant plus discret. NVIDIA promet de relancer la course avec DLSS 5, annoncé en mars 2026 et prévu pour cet automne. Sauf que la technologie a fuité avant l'heure et que des moddeurs la font déjà tourner dans nos simulations de course.
DLSS 5, ce n'est plus de l'upscaling
Les précédentes versions de DLSS (Deep Learning Super Sampling) servaient d'abord à agrandir l'image, puis à générer des images intermédiaires pour gonfler la fluidité. DLSS 5 change de nature : NVIDIA parle de Neural Rendering, un modèle d'IA temps réel qui vise, selon ses propres termes, un niveau de rendu photoréaliste jusqu'ici réservé aux effets spéciaux du cinéma.
Concrètement, le système prend l'image finale calculée par le jeu, avec ses couleurs et ses vecteurs de mouvement, et la fait passer dans un réseau de neurones qui réinterprète la lumière et les matériaux en tenant compte de la scène entière. Les pixels améliorés restent accrochés aux objets d'une image à l'autre pour garantir la cohérence temporelle. Le tout fonctionne jusqu'en 4K et sera officiellement réservé aux GeForce RTX 50.
Une fuite via NBA 2K27
DLSS 5 n'est pas encore sorti, mais une bibliothèque expérimentale nommée nvngx_dlssnr.dll s'est retrouvée dans la version en accès anticipé de NBA 2K27 sur PC. Les moddeurs l'ont extraite, l'ont injectée dans d'autres jeux via ReShade, et ont même patché le fichier pour le faire fonctionner sur les RTX 40. Control a servi de première démonstration publique, avant que les simulations de course ne passent à la casserole.
Dans Automobilista 2, l'effet est subtil mais réel
Assetto Corsa Competizione a refusé de coopérer, mais Automobilista 2 a accepté le greffon. Le titre de Reiza est déjà l'un des plus beaux du genre, et le rendu neuronal y apporte tout de même quelque chose : des couleurs plus naturelles, un éclairage des surfaces plus crédible et une scène qui gagne en profondeur. Par endroits, le niveau de détail semble monter d'un cran ; ailleurs, la différence est presque imperceptible. Les comparaisons ci-dessous, DLSS 5 désactivé à gauche et activé à droite, parlent d'elles-mêmes.


Le problème : les performances s'effondrent
Sur une RTX 4080 Super, activer DLSS 5 dans Automobilista 2 fait chuter le framerate d'environ 75 %. Aussi jolie soit la scène, elle devient injouable. Les chiffres relevés ailleurs vont dans le même sens : sur une RTX 5070 Ti en 4K, un test non officiel passe d'environ 71 à 35 images par seconde avec le rendu neuronal, et une RTX 4090 dans Control tombe d'environ 130 à 82 images par seconde avec la version modifiée.
Il faut garder en tête que tout cela repose sur un logiciel inachevé, injecté hors de toute intégration prévue par NVIDIA. Ces mesures ne disent rien des performances finales. L'implémentation native attendue début septembre pourrait être nettement plus efficace.
Ce que ça change pour le simracing
Pour les utilisateurs de triple écran et de VR, qui privilégient un framerate stable, une latence minimale et des temps de calcul prévisibles, une technologie qui dévore la moitié de la puissance disponible sera difficile à justifier tant que les développeurs ne l'auront pas sérieusement optimisée.
Le potentiel est pourtant là. Contrairement aux effets qui exigent un travail spécifique des studios, DLSS 5 s'applique sur l'image finale et peut donc fonctionner sur des titres existants, y compris les plus anciens. Cockpits, surfaces de piste, éclairage de nuit : autant de zones où le rendu neuronal pourrait donner un coup de jeune à vos simulations préférées, à condition que la note en performances redescende à un niveau raisonnable.






