
Transparence : le casque et les manettes de ce test ont ete fournis par Pimax. Comme toujours sur Objectif Racing, l'avis qui suit n'engage que nous. Cet article contient des liens d'affiliation : avec le code OBRACING, vous pouvez cumuler jusqu'a 90 euros et 2 % de remise selon les modeles et accessoires, sans surcout pour vous.
Unboxing : qu'est-ce qu'il est petit
Premiere surprise a l'ouverture de la boite : la taille. Quand on vient d'un Crystal ou d'un Crystal Super, le Dream Air ressemble a un jouet. La boite contient le casque, son bloc d'alimentation avec adaptateurs multi-regions, le cable, les mousses et la sangle.
Deux absences a noter sur cette version Lighthouse, et c'est important pour la suite : ni les base stations, ni les manettes ne sont incluses. Il faudra les ajouter, et on verra que ce n'est pas un detail.

Conception et ergonomie : la miniaturisation reussie
Pimax a reussi a faire tenir l'equivalent technique de ses gros casques dans un format minuscule, sans sacrifier le hardware. La crainte du produit trop leger, donc au rabais, ne tient pas : on retrouve les memes dalles et un niveau de finition tres correct.
Mousses aimantees et vraie respiration
L'interface faciale se clipse et se declipse par aimants, presque trop facilement, mais a l'usage c'est un avantage : on retire, on nettoie, on remet en une seconde. La surface en simili-cuir m'inquietait pour la transpiration. Verdict apres de longues sessions : aucun souci. Toute la structure est entouree d'un tissu micro-perfore et la coque plastique est tres ajouree, si bien que le casque respire remarquablement. Deux ventilateurs internes completent le dispositif : je ne les ai jamais entendus, et je n'ai jamais eu de buee.

Sangle et haut-parleurs integres
Exit la sangle auto-serrante facon Apple presentee dans les videos d'annonce : Pimax est revenu a un bras rigide, qui integre les haut-parleurs, et a une sangle a double scratch (un reglage de serrage, un repere de position). Moins spectaculaire, mais probablement plus fiable, et le reglage se fait une fois pour toutes. Une fois pose, le casque ne bouge plus, meme en secouant la tete ou en se retournant en FPS.
Petit bonus apprecie des habitues de la VR : on peut poser le casque sur le front pour regarder son clavier, il tient. Attention seulement au front qui touche vite les lentilles, tres proches de l'interface faciale.

Lentilles pancake concaves et IPD automatique
Les lentilles pancake concaves sont les plus marquees jamais vues chez Pimax, une necessite pour reformer correctement l'image des dalles micro-OLED Sony. L'IPD est automatique : on enfile le casque, il detecte l'ecartement des pupilles et aligne les ecrans en une seconde ou deux. Un message confirme la calibration et on part en piste. Un reglage manuel reste possible dans le logiciel Pimax.

Cable et connectique
Les deux cables sortent a l'arriere des branches et se rejoignent dans un petit boitier, puis un cable unique de 5 metres file vers le PC en DisplayPort plus USB. Le boitier chauffe legerement, sans que cela ne m'ait jamais gene. Sur le casque lui-meme : un bouton power, deux boutons de volume, et une curiosite, un port USB cache sous la mousse, sans doute reserve a de futurs accessoires.
Un conseil pour les joueurs FPS : accrochez le cable en hauteur ou degagez-le de vos pieds avant de vous retourner.
L'audio : un moins, un plus
Le moins : la prise jack 3,5 mm disparait. Impossible de brancher ses ecouteurs directement sur le casque, il faudra un cable externe ou un casque audio sans fil.
Le plus, qui compense largement : la sangle etant minuscule, tous les casques audio passent par-dessus, ce qui etait mission impossible avec les grosses sangles du Crystal et du Crystal Super. Et les haut-parleurs integres ont fait de vrais progres : le son ne sonne plus creux comme sur les anciens Pimax. Cela ne remplace pas un vrai casque pour la simulation, mais pour du FPS ou une session decontractee, ca fait le job.
Le poids : 170 grammes qui changent tout
Les chiffres : environ 170 grammes pour le casque seul, comptez 250 a 300 grammes avec le cable en position debout. Les anciens Pimax flirtaient avec le kilo.
Je vais etre honnete : dans tous mes precedents tests, j'ai toujours dit que le poids des Pimax ne me derangeait pas, et c'etait vrai. Mais apres quelques sessions avec le Dream Air, remettre un ancien casque m'a fait un choc : je l'ai trouve lourd, pour la premiere fois. Un casque bien equilibre comme le Crystal Super reste tout a fait utilisable au quotidien, mais la difference de confort sur les longues sessions est reelle, et une fois qu'on y a goute, on ne revient pas volontiers en arriere.

Confort : tres bon, avec un bemol a connaitre
Leger, bien aere, pas chaud : le Dream Air est un casque confortable, y compris sur les vols longs. Un bemol cependant, qui dependra de votre morphologie : avec mon visage plutot fin, je constate de legeres fuites de lumiere sur les cotes et un petit interstice au niveau du nez, ou le caoutchouc des anciens modeles a laisse place a un tissu souple. En pleine action on n'y pense plus, mais dans les scenes sombres ou en y pretant attention, c'est perceptible. Des interfaces faciales tierces (StudioForm notamment) reglent le probleme pour les plus sensibles.
Pourquoi la version Base Stations : le coeur de ce test
C'est le point qui differencie ce test de tous les autres, et la raison meme pour laquelle j'ai demande cette version a Pimax.

SLAM ou Lighthouse : deux philosophies
Le Dream Air existe en deux versions. La version SLAM utilise des cameras embarquees qui cartographient la piece et s'y reperent. La version Lighthouse s'appuie sur des base stations fixees dans la piece, qui balaient l'espace en infrarouge : casque et manettes calculent leur position par triangulation, au millimetre.
Le probleme du motion system
Sur un chassis statique, le tracking par cameras fonctionne tres bien. Sur un motion system, c'est une autre histoire. Les cameras prennent leurs reperes sur ce qu'elles voient : votre chassis, mais aussi le meuble d'a cote ou l'angle de la piece. Tant que les mouvements restent modestes, ca passe. Mais des que la plateforme s'incline franchement, le casque ne comprend plus la scene : vous voila assis sur la portiere de la voiture, ou flottant a cote de l'aile de l'avion. Et une fois le calibrage perdu en pleine course, le recuperer est une vraie galere, car le systeme tente de vous repositionner toutes les quelques secondes.
Avec les base stations, le probleme disparait : la reference est absolue, fixee dans la piece, et le systeme de compensation annule les mouvements du chassis. La plateforme s'incline, vous vous inclinez avec elle, et vous restez parfaitement en place dans le cockpit. Pour un motion system ouvert comme le mien, c'est a mon sens la seule vraie solution. En caisson ferme avec ecrans solidaires du chassis, les cameras peuvent convenir, mais des que les amplitudes grandissent, les balises font la difference.
Argument bonus : le calcul de position est externalise vers les balises, ce qui soulage le processeur. Le gain se mesure moins en FPS bruts qu'en stabilite des frame times, appreciable sur les simulations lourdes.
Placement : une balise assis, deux debout
Pour la simulation assise (simracing, vol), une seule balise bien placee en hauteur face a vous suffit. Pour jouer debout et vous retourner, il en faut deux, en diagonale de la zone de jeu. C'est exactement pour cela que j'ai du acheter une deuxieme balise pour ce test.
La rarete : le vrai point noir
Il faut le dire clairement : les base stations ne sont plus fabriquees. Valve a arrete la production fin d'annee derniere et autorise d'autres fabricants a prendre le relais, mais a ce jour personne ne l'a fait. Resultat : un marche de l'occasion tendu. J'ai eu la chance de trouver ma deuxieme balise a 150 euros, mais les prix grimpent couramment a 250, 300, parfois 400 euros et plus.
J'en ai parle avec Pimax : ils savent parfaitement que des utilisateurs de motion systems comme moi ont besoin de cette version, c'est precisement pour cela qu'elle existe. Mais personne ne prevoit d'en refabriquer. C'est donc un produit de niche, pour un usage tres specifique : si vous partez sur cette solution, integrez la chasse aux balises dans votre budget et votre planning.
En piste : iRacing

En McLaren GT3, la promesse est tenue. Gros freinage, la plateforme plonge, et je reste visse dans le baquet virtuel : la compensation est chirurgicale. Cote image, c'est le niveau du Crystal Super : nettete de page de magazine, noirs profonds dans l'habitacle, aucun effet de grille.
La contrepartie, c'est le champ de vision, reduit par rapport aux 127 a 140 degres des autres Pimax : dans la GT3, je ne vois plus le retroviseur gauche sans tourner la tete, seulement son bras en carbone. A droite, mon champ s'arrete vers le milieu du tableau de bord. En course, rien de redhibitoire, mais ceux qui viennent d'un Crystal Light ou Super le remarqueront. Le rendu foveal dynamique, permis par l'eye-tracking, apporte au passage de precieux FPS.
En vol : DCS et le F-15

C'est en vol que la demonstration est la plus spectaculaire. Virages serres, fortes inclinaisons, tonneaux : le motion system prend des amplitudes enormes et je reste exactement a ma place dans le cockpit, viseur tete haute aligne. Pas de derive, pas de recalibrage en vol, la ou mes anciens casques a cameras decrochaient des que je me penchais pour chercher un contact visuel.
La lisibilite des instruments est superbe, les radars et ecrans du F-15 sont nets, et les noirs du micro-OLED font merveille en vol de nuit. Chercher un ennemi en se retournant completement ne pose aucun probleme de tracking : c'est fluide, precis, constant.
FPS et manettes Sword : l'exercice de verite
Le FPS n'est pas la specialite de la chaine, mais base stations et manettes Sword obligent, autant aller au bout. Direction Geronimo, un tactical shooter en acces anticipe, debout, deux balises en diagonale.
Bonne nouvelle cote casque : le tracking debout est irreprochable. Visee precise, rotations completes sans decrochage, mains suivies au millimetre tant qu'elles restent dans le champ des balises. Le Dream Air n'est clairement pas cantonne a la simulation assise.
Les manettes Sword, en revanche, sont le point faible de l'ecosysteme. Le design est reussi, l'arceau assure un tracking sans angle mort, la dragonne en tissu est agreable, et le tracking lui-meme est precis. Mais l'ergonomie ne suit pas : le pouce ne tombe pas naturellement sur le trackpad, et des qu'on l'atteint, on perd l'acces aux gachettes. Le bouton du bas est quasiment inaccessible sans crisper la main.

Surtout, la ou les manettes classiques offrent un joystick et quatre boutons, les Sword se contentent d'un trackpad et de deux boutons. Pour un FPS moderne, c'est trop peu : recharger, viser, interagir... on est vite a court. Ma solution de contournement : abandonner OpenXR pour SteamVR, qui permet de configurer le trackpad gauche en quatre zones cliquables. Ca depanne, au prix de quelques ressources systeme, mais c'est du bricolage qui en dit long sur la conception.
A noter, une manette defectueuse a la reception (main qui partait dans le decor) : signalee a Pimax, remplacee en trois jours. SAV exemplaire.
Verdict manettes : elles font le job pour un usage occasionnel, mais si le FPS manette en main est votre usage principal, ce n'est pas la que le Dream Air brille. Pour le volant et le manche, en revanche, c'est une toute autre histoire.
Fiche technique
Prix et disponibilite
- Dream Air Lighthouse : 1 783 euros, base stations et manettes non incluses
- Dream Air SLAM : 2 050 euros, avec 4 cameras et 2 manettes
- Un Dream Air SE moins cher (3116 x 3072 px par oeil) est egalement au catalogue
- Base stations : uniquement d'occasion ou en bundle, de 150 a 400 euros piece selon les annonces
- Avec le code OBRACING, remises cumulables jusqu'a 90 euros et 2 % selon accessoires et modeles, directement chez Pimax
Verdict

Mon coeur a balance entre le Dream Air et le Crystal Super qui m'accompagnait jusqu'ici. Le Super garde un avantage reel : son champ de vision, notamment vertical. Mais le choix est fait, et il est assume : je roule et je vole desormais avec le Dream Air. La combinaison poids plume, image micro-OLED superbe et tracking Lighthouse qui exploite 100 % de l'amplitude de mon motion system l'emporte largement sur les degres de FOV perdus.
Les plus
- Legerete exemplaire : 170 g, des sessions longues sans fatigue
- Image superbe : noirs infinis, nettete, sweet spot enorme
- Tracking base stations infaillible sur motion system, assis comme debout
- Confort et aeration, IPD automatique, casques audio compatibles
Les moins
- Base stations plus fabriquees : disponibilite et prix d'occasion problematiques
- Manettes Sword a l'ergonomie ratee (trackpad, deux boutons)
- Champ de vision en retrait face aux Crystal Light / Super
- Fuites de lumiere possibles selon morphologie, prise jack disparue
Pour qui ?
Si vous etes sur motion system, ou comptez y passer (les verins se democratisent, on pense a l'offre recente de Moza), la version Lighthouse est a mon sens la seule vraie option, a condition de denicher les balises. Pour du FPS ou un chassis statique, la version SLAM, moins chere une fois les manettes comptees, fera parfaitement l'affaire. Et si vous cherchez simplement le meilleur rapport qualite-prix pour debuter en VR haut de gamme, le Crystal Light reste ma reference, tandis que le Crystal Super demeure le roi du champ de vision.
Le Dream Air, lui, coche presque toutes les cases de mon usage. Il fallait juste que Valve continue de fabriquer des balises. Presque.
Test realise sur iRacing, DCS World (F-15E) et Geronimo, sur motion system. Casque et manettes fournis par Pimax. Liens d'affiliation : code OBRACING, jusqu'a 90 euros et 2 % de remise cumulables.