Trois jours après son déploiement, la mise à jour 1.71 de Gran Turismo 7 a fini de livrer son verdict. La plus grosse refonte de la physique du jeu depuis la 1.49 de 2024 séduit largement sur asphalte, coince sérieusement sur la terre et bouscule les joueurs à la manette. En parallèle, Fanatec confirme enquêter sur des bases direct drive qui se figent depuis l'arrivée du patch.
Une adhérence beaucoup plus progressive
Le mot qui revient partout, c'est progressif. La transition entre l'adhérence et la glisse ne fonctionne plus comme un interrupteur : elle se dose, elle se sent venir. Les propulsions y gagnent énormément, et même les voitures de course en profitent. La GR010 Hybrid, connue pour son survirage de puissance ingérable à basse vitesse, se conduit désormais sans crispation.
Les amateurs de drift sont les plus enthousiastes. Depuis Gran Turismo 4, le passage entre perte et reprise d'adhérence restait brutal, ce qui rendait la glisse maîtrisée quasiment impossible ailleurs que sur gravier. Avec la 1.71, le contrôle du train arrière devient fluide, au point que certains tirent le frein à main en pleine course juste pour le plaisir.

Les tests méthodiques confirment l'impression. Un tour de Nordschleife en Supra Mk4 préparée a permis de battre le chrono d'avant mise à jour dès la première tentative. Sur une endurance au Mans, les relevés font état de distances de freinage plus courtes, d'une usure de pneus ralentie et d'une intelligence artificielle qui respecte enfin les drapeaux bleus.
L'unanimité n'est pas totale pour autant. Plusieurs joueurs trouvent les voitures de route trop molles, y compris avec la raideur poussée au maximum, avec l'impression que les châssis manquent de rigidité.
La manette, vrai point de friction
La 1.71 ne s'est pas contentée de changer la physique : elle a aussi modifié la manière dont une manette traduit les entrées de direction, d'accélérateur et de frein. Pour une large partie des joueurs, les deux changements sont arrivés emmêlés, et les démêler occupe une bonne part des discussions.
Le symptôme le plus rapporté est un frétillement au retour au centre. Un petit coup de direction et l'auto-centrage revient de façon plus brusque, presque numérique, là où la remise dans l'axe était auparavant progressive. Baisser la sensibilité de direction dans les options atténue nettement le phénomène. À l'inverse, une partie des joueurs à la manette estiment que la sensibilité est au contraire enfin corrigée.
Sur la terre, c'est nettement plus tendu

C'est le point noir de la mise à jour. À la manette, le jeu semble corriger la direction en permanence dès que la voiture glisse, aides pourtant désactivées. Résultat, la voiture zigzague toute seule sans que le joueur touche au stick. Certains estiment que le phénomène déborde même discrètement sur l'asphalte.
Un test en Lancer Evo de série chaussée de pneus terre confirme la sensation : le plaisir de jeter la voiture en entrée de virage puis de la rattraper à l'accélérateur a disparu. Les portions asphalte du tracé de rallycross de Barcelone, qui accueille justement le nouveau Circuit Experience, sont décrites comme particulièrement piégeuses. Comme les défis hebdomadaires en cours comportent de la terre, le sujet n'est pas près de retomber.
Tous vos réglages sont à jeter
Nouveaux réglages par défaut de suspension, de différentiel et d'aérodynamique, plus un recalcul des points de performance : la quasi-totalité des setups existants et des grilles de courses personnalisées sont périmés. Le changement est brutal en Gr.1, où les hypercars perdent une vingtaine de kilomètres/heure en ligne droite et environ cinq secondes au tour au Mans.
Ajoutez la remise à zéro générale des classements et des temps cibles des épreuves, et il y a beaucoup à réapprendre avant de retrouver ses repères.
Fanatec enquête sur des bases qui se figent
Deuxième dossier ouvert par cette mise à jour, côté matériel cette fois. Fanatec a reconnu un problème apparu dans la foulée de la 1.71, déployée le 20 août. Certaines bases perdent brutalement le retour de force, s'éteignent en pleine course ou tirent violemment d'un côté avant d'exiger un redémarrage. Tous les utilisateurs ne sont pas concernés, mais les remontées sont suffisamment nombreuses pour que la marque confirme investiguer.
Un représentant de Fanatec indique que la société est en contact avec l'équipe de développement de Gran Turismo 7 pour déterminer de quel côté le correctif devra venir. La question reste ouverte : logiciel ou firmware Fanatec, ou nouveau patch à publier par Polyphony Digital.
La 1.71 a en effet touché plusieurs paramètres liés au matériel de direction : force et friction du retour, vibration en sous-virage, courbes d'accélérateur et de frein, ainsi que de nouveaux paramètres d'Auto Setup pour les GT DD Pro, GT DD Extreme et Podium. C'est aussi elle qui active officiellement FullForce sur la GT DD Pro, cette couche de retour haute fréquence censée faire remonter les détails fins de la voiture et de la piste.
Les nouveautés, elles, font l'unanimité



Au milieu des débats sur la physique, les quatre voitures ajoutées ont trouvé leur public. Le duo Toyota Chaser Tourer V et Mark II Tourer V mène la danse, surtout pour l'ampleur de ses options de personnalisation, jusqu'au panneau de toit jaune de taxi proposé sur la Mark II. Les créateurs de livrées ont mis moins de vingt-quatre heures à ressortir les Toyota Team TOM'S du JTCC 1998.
La Caterham Seven Superlight R500 n'est pas en reste, avec un catalogue d'accessoires qui va jusqu'à la valise arrière. Son comportement pointu divise en revanche sur le nouveau time trial, où plusieurs pilotes baissent la sensibilité manette pour espérer la garder dans l'axe.
Trois jours après, la communauté continue de recenser les changements non documentés. Le prochain correctif, côté jeu ou côté matériel, dira si Polyphony Digital compte retoucher le comportement sur terre et la gestion des manettes.






