Milestone, c'est d'abord les simulations moto et le MotoGP annuel. Mais le studio italien a trouvé en 2021 un succès inattendu avec Hot Wheels Unleashed, un jeu de course arcade exubérant basé sur les petites voitures Mattel, suivi en 2023 d'Unleashed 2 Turbocharged. Trois ans plus tard, la série revient avec Infinite Rush, et ce n'est pas un Unleashed 3 : c'est un vrai changement de direction, vers le monde ouvert.
Le jeu sort le 10 septembre 2026 sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch 2, ROG Xbox Ally et PC (Steam, Microsoft Store, Epic). Comptez 49,99 euros en édition Standard, 79,99 euros en Deluxe (avec le Vehicle Pass et ses 44 voitures) et 99,99 euros en Ultimate, qui ajoute l'extension Ferrari et trois jours d'accès anticipé.
Un monde de jouets à petite échelle
Là où les Unleashed mélangeaient voitures miniatures et décors grandeur nature, Infinite Rush réduit tout : véhicules et environnements ressemblent à des playsets en plastique, et l'ensemble déborde de charme. Quatre îles façon diorama remplacent les circuits linéaires du passé. On démarre dans la ville de Wheelswood, avec sa parodie du panneau Hollywood et un monstre façon King Kong qui grimpe sur un gratte-ciel, avant de débloquer les routes côtières de Tentacle Bay, les canyons désertiques de Gearville et les rues néon de Drifty Temples, d'inspiration japonaise.
Chaque île a son style et ses points de repère, avec du relief varié et une circulation dense. Elles peuvent toutefois sembler un peu vides : pas de narration en voix off, pas de stations de radio. Les pistes de cascades en plastique orange, elles, surplombent le paysage avec leurs loopings et leurs sections à l'envers, et on y entre sans transition depuis la route. Des pistes à thème vous font plonger dans la gueule d'un alligator géant ou escalader un squelette de dinosaure.

Le track builder hérité des Unleashed est de retour, et il reste simple à prendre en main : on ajoute des sections en réglant l'angle et l'inclinaison au stick, puis on place des pièges (ventilateurs, pendules de pierre). Les pistes personnalisées s'intègrent proprement au décor de l'île, sans bâtiment qui passe au travers.
Des activités partout
Face à un Forza Horizon, les îles sont compactes, au point qu'on en fait vite le tour. L'abondance d'activités compense. Aux courses, contre-la-montre et éliminations s'ajoutent des épreuves de drift et des défis de checkpoints, tous jouables aussi en ligne cross-platform, en classé ou en Rush Events, l'équivalent de parties rapides où l'on vote pour le mode et la piste (standard ou créée par la communauté). Le multi s'est montré stable pendant nos sessions, à voir quand les serveurs se rempliront. L'écran partagé à quatre est au programme, mais pas le free roam local entre amis.
En exploration libre, les événements Daredevil rappellent Burnout Paradise : on traque une voiture cible qui fonce à travers la carte, on la défie et on l'ajoute à sa collection en cas de victoire, souvent au terme d'un duel serré. Des missions de livraison façon Test Drive demandent d'amener un véhicule à bon port sans dégâts, et les épreuves Stuntman consistent à détruire un maximum d'éléments du décor dans le temps imparti. Labourer des arbres, barrières et panneaux en plastique procure un vrai plaisir de gamin de huit ans lâché dans une ville de jouets, même si la destruction reste moins jouissive que les briques de Lego 2K Drive.

Les centaines de collectibles et le rythme de la campagne font le reste : les événements se débloquent progressivement pour ne pas saturer l'interface, on a toujours un objectif, et même après la dernière île il reste beaucoup à faire. Bon courage aux complétistes. Une fois assez d'épreuves bouclées, on affronte les Rush Squads, des gangs de quatre véhicules par île, avec un boss final qui débloque une voiture convoitée comme l'Aston Martin Vulcan.
Une conduite raide en ville
Le jeu vise les plus jeunes, ce qui explique une difficulté basse : en IA moyenne, on prend facilement une grosse avance. Il faut passer en Very Hard pour retrouver des courses serrées, notamment dans les épreuves de haut niveau, sans élastique trop flagrant. Les voitures du trafic, sans poids, s'écartent sans vous ralentir, ce qui garde le rythme élevé et sans frustration.
Le monde ouvert ne fonctionne pas toujours, en revanche. Par rapport aux tracés définis des Unleashed, il est parfois trop facile de perdre sa direction ou de tomber de la piste. Et la conduite, héritée des Unleashed avec sa raideur et son freinage à tapoter pour déclencher le drift et contrer le sous-virage, se justifie pour des jouets sans suspension et fonctionne sur les larges pistes de cascades, mais se traduit moins bien dans les rues encombrées et les virages à 90 degrés : on part trop large, on tape un mur ou on rate un checkpoint.

Plus de 150 voitures, Ferrari en tête d'affiche
Les véhicules se répartissent en quatre classes : Versatile, Drifter, Speeder et Titan, chacune avec son comportement et sa gestion du boost. Les Speeder chargent leur boost à haute vitesse, les lourds Titan calent brièvement si on vide la jauge, les Drifter sont les plus agiles et les Versatile équilibrent le tout. On passe d'une classe à l'autre à la volée avec la croix directionnelle, et jusqu'à cinq modules débloquables par voiture affinent le tout : meilleure tenue en drift, boost plus puissant, poids réduit.
Le roster dépasse les 150 voitures au lancement, avec des débuts dans la série pour la Koenigsegg Gemera, l'Audi RS5 Coupé ou la Corvette C8, des choix inspirés pour les passionnés comme la Lancia Stratos Groupe 5, l'Alfa Romeo 155 ou la Honda City Turbo, et les classiques Hot Wheels façon Bone Shaker, sans oublier un canard en plastique et un chat porte-bonheur japonais. Chaque île a sa concession avec des exclusivités, et on gagne aussi des voitures en épreuve. La modélisation est irréprochable et reproduit fidèlement la peinture des miniatures.
Ferrari fait ses débuts dans un jeu de course Hot Wheels, mais seule une poignée de modèles est jouable dans le jeu de base, dont la SF90 Stradale. Le reste, soit huit modèles dont la F50, LaFerrari et la Testarossa, plus une île dédiée, est réservé à l'extension payante. Les Unleashed étaient critiqués pour leur avalanche de DLC ; ici le plan est plus lisible, avec un seul Vehicle Pass de 44 voitures réparties en packs jusqu'en avril 2027.



Verdict
Hot Wheels Infinite Rush réussit l'essentiel de sa réinvention. La conduite lourde ne colle pas toujours aux grands espaces, mais c'est un nouvel arcade racer extrêmement soigné et bourré de contenu, qui fera un carton chez les plus jeunes tout en réveillant l'enfant qui sommeille chez les adultes. Pour les gamins, il pourrait même servir de porte d'entrée vers Forza Horizon ou The Crew.





